LEMAY Jean-Christophe

Tout a commencé lorsque mes parents ont pris l’habitude de m’apporter vers le sud en vacances, un peu partout sur la côte Est Américaine.

J’étais si jeune lors de mon premier voyage que je ne pouvais même pas nager, mais je suis tout de même tombé en amour avec le mode de vie associé à la plage.

Au fil des ans, nous y retournions au moins 3 à 4 fois par année et ce n’était jamais assez. Je serai à tout jamais reconnaissant envers mes parents pour cette chance.

À l’âge de 18 ans, j’ai décidé que j’allais au moins passer mes étés à Virginia Beach pour surfer et vraiment vivre le mode de vie côtier. C’est à ce moment que j’ai réalisé à quel point l’océan est un monde merveilleux.

Tellement d’heures ont passées à simplement flotter, surfer, nager et plonger dans les eaux de l’Atlantique.

Puis, je me suis dit pourquoi ne pas capturer ces petits moments que j’aime tant et les partager ?

Pour une raison inconnue, plusieurs sont toujours effrayés par ce que l’océan peut leur offrir ; pourquoi ne pas leur montrer à quel point il peut être magique.

J’ai donc acheté mon premier appareil photo résistant à l’eau et il n’y avait plus moyen de retourner en arrière. Au fil des ans, des milliers de photos ont été prises, parfois bonnes parfois très ordinaires, mais toujours avec plaisir.

En 2010 je déménage à Rimouski où je complète mon baccalauréat en biologie à l’UQAR.

Ma passion pour le domaine vivant se développe ainsi et je découvre par le fait même le merveilleux territoire du Bas-Saint-Laurent et celui de la Gaspésie.

J’entretiens maintenant un lien étroit avec la région, la faune qu’elle abrite et bien entendu le seul et unique estuaire du Saint-Laurent depuis quelques années.

Pour en savoir plus :

https://www.lafabriqueculturelle.tv/capsules/11795/dans-la-mire-d-un-photographe-biologiste-la-faune-du-fleuve-st-laurent

JC Lemay

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1003681/fleuve-photo-jean-christophe-lemay

http://tvmitis.ca/culture/7034-exposition-du-photographe-et-biologiste-jean-christophe-lemay-a-la-galerie-d-art-du-vieux-presbythere

https://www.lavantage.qc.ca/article/2019/08/23/le-saint-laurent-vu-par-jean-christophe-lemay

Interview

Votre rapport avec la faune

Quel parcours jusqu’à l’animal sauvage et la photographie ?

Amoureux de l’océan depuis mon tout jeune âge, j’ai toujours été près de l’eau, mais pas forcément des animaux.

J’optais plutôt pour les plus classiques matchs de hockey et de football dans mes passe-temps.

Ce n’est qu’aux études universitaires que tout se clarifie, alors que je m’inscris au baccalauréat en biologie marine à Rimouski.

À partir de ce moment, en 2010, j’ai à la fois débuté la photographie, mais aussi découvert une passion pour la faune sauvage, surtout sous-marine.

Un maître à penser ? 

Paul Nicklen sans contredis.

Un maitre photographe, qui œuvre majoritairement dans les régions polaires, et sous l’eau, mais aussi un peu partout le monde et sur terre.

Non seulement ses images sont captivantes et pleines d’émotions, mais son message est des plus importants et superbement vulgarisé pour le grand public.

D’autant plus que de travailler dans un immense drysuit, en eau glaciale en entouré de grand prédateur, ça demande une passion assez impressionnante.

Un environnementaliste hors pair bref.

Une œuvre marquante ? 

Au tout début, je dirais que la totalité de l’œuvre de Clark Litte, photographe de vagues natif des îles d’Hawaii, avait une énorme influence sur mon travail.

Ma photographie de nature se résumait surtout aux vagues et à l’eau, sans réel intérêt pour la faune encore.

Une belle rencontre / émotion avec la faune  ? 

Le 30 septembre dernier, dans le Parc national de la Gaspésie, sur un des hauts sommets des Chics Chocs.

J’ai pu observer une douzaine de caribous des bois (écotype montagnard) dans le silence des montagnes et des quelques personnes qui étaient présentes.

Une proximité avec ces animaux, inégalée dans mes autres expériences.

À un certain point, si j’avais voulu tendre le bras et les toucher, ça aurait été possible et ce sans jamais moi-même changer de position !

En sachant qu’il n’en reste que quelques dizaines au sud du fleuve Saint-Laurent, je garde cette journée en tête à tout jamais.

Si j’étais un animal sauvage ? 

Sur terre, fort probablement un lynx ; solitaire, mystérieux, autonome et grand prédateur.

En mer, le dauphin ; c’est cliché certes, mais il demeure tout de même parmi les plus intelligents, rapides, émotifs du monde sous-marin.

Un animal disparu qui reviendrait ?

Toutes les espèces de Smilodons, j’ai une fascination pour les grands félins , ou bien le fameux Megalodon.

Un animal fantastique qui existerait ?

Je ne suis pas trop du genre fantaisiste, mais d’immenses ratons laveurs ça me fait bien rigoler.

Photographie animalière

Votre photo à laquelle vous tenez particulièrement ?

Très loin d’être ma meilleure image, mais je tiens tout de même énormément à ma photo du Lynx du Canada sur le chemin du Parc Forillon en Gaspésie.

Une rencontre qui aura duré au plus 5 minutes, mais l’une des plus mémorables.

 

La photo animalière d’un confrère que vous auriez aimé prendre ?

Sans prendre la photo forcément, mais assister à la scène du Lynx du Canada qui marche sur la neige, en Gaspésie, par mon collègue Nicolas Bradette. Un moment unique !

Et la technique : frein ou atout ?

Ça doit être un acquis en fait, afin de ne pas être un frein.

Votre « terrain de jeu » préféré ?

L’estuaire et le golfe du Saint-Laurent !

Le voyage à faire absolument avant que le rideau de l’obturateur ne se ferme définitivement ?

La migration des baleines à bosse aux Tonga.

Des conseils ? 

Premièrement pas besoin d’équipement couteux pour faire de la bonne photo, commencez modestement.

Puis, investissez d’abord et avant tout dans de bonnes lentilles.

Deuxièmement, prenez votre temps, soyez patients, ça prend un travail continu et acharné afin d’obtenir des images à la hauteur de nos attentes, des années de sorties sur le terrain et d’observation.

Finalement, un double conseil, maitrisez à la fois votre équipement et vos connaissances de la faune.

Étudiez, pratiquez et lisez, ça sauve un immense travail une fois à l’extérieur.

Biodiversité

Des urgences ? 

Comme je suis biologiste marin de formation, je dirais les plastiques dans nos océans.

Ce n’est pas un nouveau sujet, loin de là, mais il est encore plus d’actualité qui ne peut l’être.

Les microplastiques sont maintenant dans les fruits de mer que nous consommons, c’est pour dire à quel point ils ont voyagé d’une très mauvaise façon, mais aussi qu’ils sont pratiquement indestructibles.

Une association de protection à mettre en avant ?

La fondation de la faune du Québec effectue un super travail à l’échelle nationale, mais ce n’est qu’une association parmi plusieurs autres qui font un excellent boulot aussi.

Une suggestion pour sensibiliser le grand-public ?

Partageons nos images et nos expériences avec la faune, qu’elles soient positives ou négatives.

Plutôt optimiste ou pessimiste pour la suite ?

Il faut toujours rester optimiste ! En travaillant en équipe, tout peut se concrétiser.

Pour conclure ?

Merci Faune Sauvage !

 

Expositions

– Exposant galerie d’art Mouvement Desjardins de l’UQAR – 2019

– Exposant galerie d’art du vieux presbytère de Sainte-Flavie – 2019

– Exposant galerie d’art du vieux presbytère de Sainte-Flavie – 2016

Distinctions

– Troisième prix catégorie faune du concours photo du magazine Nature Sauvage – 2019

– Premier prix catégorie nature – caméra de l’Expo Photo MEC – 2018

– Premier prix catégorie Fleuve Saint-Laurent du concours photo du magazine Nature Sauvage – 2017

– Premier prix concours photo du Festival Marin des Escoumins – 2016

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